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FA-FA-FA


-Pa-pa-la-paï-la-pa…
-T'es sûr ? Tu verrais pas plutôt "pa-paï-la-pa-la-la"?
-Si tu veux, on va pas chipoter !
-Moi, c'est le "paï-la" qui me gêne, tu trouves pas que ça fait Enrico Macias ?
-Tu fais allusion à zaï-zaï-zaï-zaï ? Ça se vent bien encore, tu sais. Les sixties reviennent en force ces derniers temps.
-Attends, je crois qu'on s'était mis d'accord là-dessus, on avait bien dit qu'on ne ferait ni du commercial…
-… ni de l'Art majuscule, je me souviens, un truc entre les deux, juste des chansons qu'on aurait envie d'entendre. Et alors ?
Jérémie et Bonin dialoguaient en rond depuis plus de trois heures. La mélodie était OK, le reste des paroles aussi, mais il y avait ce fichu gimmick qui les faisait tourner en bourrique.
La mauvaise foi de Bonin était flagrante, Jérémie flairait une intention obscure. Jusqu'ici, son compère s'était toujours exprimé sans décodeur, quel message subliminal voulait-il lui faire transmettre à la planète via ce palapapa-machin ?
Ce n'était pas qu'il doutait de l'intention de son partenaire, Bonin avait toujours été un farouche militant anti-guerre, anti-chagrin et anti-grippe. Mais qui allait se retrouver bientôt tout seul devant la presse, à justifier les lubies d'un personnage encore bien souvent qualifié d'imaginaire ?
-Je sais pas… prenez Chabadabada, Wap-doo-wap, Obladi oblada, Be-bop-a-lula !
-D'accord, mais ça, c'est de la littérature classique, monsieur, vous n'allez tout de même pas vous comparer à Beethoven…
-… Beethoven ?
-oui, Pom-pom-pom-pom !
Jérémy tourna le dos à l'écran, alluma son ampli, plaqua le premier accord :
-Pa-la-pa-paï-lala… non… palapa-pa-la-pa…

Bonin sourit sans rien dire. Toujours le meilleur moyen d'avoir le dernier mot.

Le 20.12.03

Daniel Angelo