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AU RADAR
Vive la censure !
D'accord, la dame a parfois ses côtés pervers. Comme quand,
par exemple, elle offre une notoriété sans bornes à
un marquis vraiment pas si divin que ça. Ou lorsqu'elle fait passer
pour des poètes martyrs des rappers aux initiales oedipiennes qui
exhortent leurs ouailles à s'accoupler avec les forces de l'ordre.
Elle manque aussi sévèrement de culture, il n'y a qu'à
réviser n'importe quel épisode des Incorruptibles pour savoir
que la prohibition fait toujours la fortune des parrains.
Mais en braquant ses projecteurs sur des artistes jusqu'alors underground,
elle leur permet parfois de sortir de l'ombre et d'exprimer un droit de
réponse censé sur des radios qui ignoraient jusqu'à
leur existence, comme c'est arrivé récemment pour les Snipers,
de braves garçons qu'aujourd'hui même votre grand'mère
cite volontiers au repas du dimanche midi.
La censure diabolise, mais quelle plus grande star que le diable ? (NDLR
: attention, c'est juste un constat, pas une satisfaction, là,
pointcom est définitivement du côté gentil de la farce,
vade retro les esprits malins !)
Tout ceci nous laisse donc agréablement présumer que la
gloire n'est plus très loin. Puisque figurez-vous que, sans intention
maligne et juste avant que Starskozy & Hutch n'évoquent leur
intention d'épurer la chanson française, notre protégé
Bonin Ouaib s'est fendu d'un manifeste hérétique quasi-blasphématoire
: "A 100 à l'heure".
L'histoire ne précise pas si c'est en ville ou sur une nationale,
mais quand on sait que cette folie est jusqu'à nouvel ordre réservée
aux seuls chauffeurs de ministres, on frémit à l'avance
de l'impact médiatique
A +
Le 11.12.03
Daniel Angelo
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