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EN GRIPPE
La première page que je lis dans le magazine Vibrations, c'est
le billet de Jackie Berroyer. Il parle très peu de musique, en
fait, mais dès le titre on est prévenu : ça s'appelle
"Parlons peu, parlons de moi". Tout petit déjà
j'étais fan, quand il officiait dans Charlie Hebdo (ou Hara-Kiri
?). Dans les deux peut-être, je ne sais plus. Je ne me souviens
pas non plus de quoi il traitait à l'époque. De son nombril
probablement. Mais avec cet humour qui permet à certains d'être
impudiques avec classe : quand Van Morrison évoque cet après-midi-là
avec sa belle "In the garden", on ne se sent jamais voyeur.
D'autres, même lorsqu'ils se montrent moins intimes, gagneraient
souvent à n'ennuyer que leur miroir. Je peux d'autant mieux vous
en parler que je fais partie de cette deuxième catégorie.
Par exemple si je vous dis que je sors d'une grippe, vous vous en fichez
éperdument, non ? Comme je vous comprends ! Il n'y a qu'un Berroyer.
Tant mieux. Si j'avais son talent, qui pourrais-je admirer ?
N'empêche qu'il s'en est passé, des choses, pendant cette
grippe. Pour la première fois depuis des lustres j'ai laissé
mes oreilles se reposer, j'ai lu à doses homéopathiques,
et surtout j'ai pas mal gambergé : à vous, à nous,
à nos rêves d'un monde plus harmonieux, ce genre de préoccupations
que la fièvre rend encore plus cuisantes. De quoi nourrir les prochaines
semaines en attendant le dégel.
Le 24.03.05
Daniel Angelo
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