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PETIT ROBERT

Bon, maintenant qu'il est en place et qu'il a promis d'être authentique, le Steeve, on va pouvoir juger sur pièces et éteindre la télé. Retourner dans la vraie vie et reprendre des activités normales : aller aux concerts, dans les pubs, jouer, écrire, composer, acheter des disques. En espérant bien sûr que cet engouement pour le rock profitera aux quelques 10 000 groupes recensés dans l'hexagone.
C'est étrange, aujourd'hui, pour une fois, je n'ai pas envie de râler, vous avez senti ? L'âge ? L'approche de la canicule ? Sans doute. Je pense que c'est avant tout grâce à cette interview de Robert Piazza, qui a récemment fêté ses 30 ans de carrière. Little Bob ne se plaint pas. Ne s'est jamais plaint. Il aurait même tendance à trouver que les conditions en tournée se seraient améliorées en France ces dernières années. Plus de salles, plus accueillantes, mieux sonorisées. Oh, jamais plus de 500 personnes à la fois, mais il s'en contente. De même qu'il est heureux de la liberté de s'autoproduire, depuis qu'il s'est fait virer de son label (le processus n'est pas récent, Nougaro, Fugain et tant d'autres sont passés par là bien avant l'alibi du piratage). Little Bob publie un album presque tous les ans, jamais en évidence au rayon nouveautés et rarement diffusé sur la bande FM. Pas une faute de goût, une voix et des compositions qui lui valent le respect et l'amitié de Springsteen, Southside Johnny, Steve van Zandt ou Willy DeVille, entre autres. Little Bob donne plus de 150 concerts par an, ce qui lui permet de nourrir ses musiciens et de survivre avec l'équivalent du SMIC. Little Bob fait exactement la musique qu'il aime. Little Bob est heureux. Little Bob rend heureux. Alors j'enterre la hache de guerre, au moins pour cette semaine.


Le 08.07.04

Daniel Angelo