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PRESSE PAPIERS (2)

Je vais faire court. Je pensais lire toute la semaine. Ça m'a pris au plus une soirée.
Résumé de l'épisode précédent : à quelques exceptions près, sous leurs grimaces de rottweilers, les gros bras interviewés dans les revues hip hop ne rêvent guère que d'argent et de pouvoir. Intégration à l'américaine qui ne les différencie guère des golden boys de Wall Street.
Et les autres ?
J'ai retrouvé la presse rock après des années d'infidélité. Ça m'a fichu un coup de jeune. Manœuvre monté en grade, Eudeline toujours aussi branché fringues, comme de vieux copains qu'on retrouve avec plaisir, rejoints par Palmer qui a laissé le masque pour la plume, tant mieux pour lui, tant pis pour les fans de Bijou. Les rockers d'aujourd'hui n'ont pas rompu avec la tradition, qui consiste avant tout à narrer les frasques des tournées et les galères de studio. On compte plus pudiquement ici les spectateurs que les disques vendus, on parle riffs et chorus, rarement des textes, on cohabite avec les anciens. Sympathique dans l'ensemble. Les magazines concurrents ne sont pas encore au niveau, question de bouteille sans doute. La grande inquiétude, c'est la place réservée aux groupes de l'hexagone : une page vers la fin, genre on est tenus par les quotas mais vous n'êtes pas obligés de lire.
C'est finalement la presse électro-techno-trip-hop-lounge-que-sais-je ? qui m'a le plus parlé. Je l'ai abordée en néophyte - pour ne pas dire à reculons - mais j'y ai découvert des journalistes passionnés et curieux, des artistes ouverts qui partagent leur passion et considèrent leur créativité comme une fin plutôt qu'un moyen d'être reconnus chez l'épicier ou par le banquier, qui écoutent d'autres styles et en dégustent l'exotisme. Plutôt une bonne surprise, qui me donnerait presque envie d'explorer en touriste ce monde étrange dont les raves ne sont apparemment que la vitrine surmédiatisée.
Comme quoi, des fois, on se demande !

Le 15.01.04

Daniel Angelo