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PRESSE
PAPIERS (1)
L'autre jour je me suis senti agressé. En parcourant un magazine
groovy, j'ai sursauté devant trois types patibulaires et bodybuildés
qui braquaient d'énormes flingues sur moi, peut-être pour
protéger les monceaux de billets verts empilés à
leurs pieds.
Une insulte, tant pour les smicards que pour les rappeurs de par ici qui
peinent à se défaire de cette image outlaw que les média
ont collé au hip hop.
Dans les vertes années du rock n'roll, l'imagerie mafieuse était
jouée au second degré. Attitude cinématographique,
jamais sociale. Ici, plus de fun. L'étiquette "parental advisory"
autorise des discours haineux, racistes, sexistes, violents et ultra-capitalistes.
Le dollar est dieu, les filles sont traitées de bitches à
chaque verset et les pitbulls friment sur les pochettes.
L'interview qui suivait distillait le même poison et je plains les
gosses qui n'ont pas d'autre évangile.
Dommage, jusque-là, j'aimais plutôt bien les productions
de 50 cents, avec ou sans son groupe. Sans doute parce que je ne m'étais
pas attardé sur les paroles.
(N.b., ce surnom de 50 cents, il ne l'a pas choisi parce que c'est la
valeur à laquelle il veut être coté en bourse mais
parce que les cicatrices qu'il arbore en souvenir d'anciens combats de
rue ont la taille de petites pièces de monnaie. Littéralement,
puis-je traduire par "Trou de balle" ?)
J'ai donc jeté le magazine et j'en ai ouvert un autre, d'un autre
style, dont je vous parlerai la semaine prochaine.
Le
08.01.04
Daniel Angelo
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